Apprenez comment ces deux hôpitaux s'échangent des fichiers DICOM sans gravure de CDs

09/03/2017 | Frédéric Lambrechts | Commentaires

Adieu les CDs ou les solutions propriétaires et/ou coûteuses pour le transférer les examens d'imagerie entre PACS. Interhosp permet un échange automatisé, instantané, efficace et sécurisé.

C'est ce mardi 21 février 2017 qu'a eu lieu au CHR de la Citadelle à Liège la réunion de présentation de la solution Interhosp proposée par Osimis. Cette dernière a été adoptée par le CHR de la Citadelle, en collaboration avec le CHU de Liège qui dispose déjà d'une solution similaire. Il s'agit de la première implémentation de ce produit par la spin-off du CHU, Osimis, qui existe depuis fin 2015. Un pari réussi ! Le CHR, le CHU et Osimis étaient représentés à la réunion.

Interhosp est une plateforme qui facilite le transfert d'images entre hôpitaux. Elle est basée sur Orthanc, logiciel primé en 2015 par la Free Software Foundation au MIT. Il a été mis au point par Sébastien Jodogne, docteur en informatique travaillant au CHU, dans le but de remédier aux problématiques de transfert d'images entre différents services d'un même hôpital. Bien vite, il est devenu clair que cette solution pouvait aussi pallier aux difficultés rencontrées dans le transfert d'images entre hôpitaux.

Etat des lieux

Pour le CHR de la Citadelle, 240.000 examens impliquant de l’imagerie médicale sont effectués chaque année. Parmi ceux-ci et par an, 12.500 doivent être envoyés vers d'autres institutions et 5.000 doivent être reçus en provenance d'autres hôpitaux. Et cela se fait d’ordinaire à l’aide de CDs envoyés par la poste, pour un coût non négligeable (évaluation à 6,50€/pièce tout inclus).

La solution proposée par Osimis

C'est là qu'Osimis entre en jeu avec sa solution Interhosp. Cette dernière permet d’automatiser le transfert de données directement entre les PACS de différents hôpitaux, en l'occurrence du CHU de Liège vers le CHR Citadelle. Cela se fait en plusieurs étapes :

  • l'hôpital source, le CHU, envoie des examens via une requête automatique d'Orthanc sur le PACS selon des critères préétablis (par exemple le médecin prescripteur doit exercer à la Citadelle) ;
  • ces données sont transférées par Internet de manière totalement sécurisée sur une instance d'Orthanc installée à l'hôpital cible, le CHR ;
  • ces données, qui concernent un même patient encodé avec un identifiant différent dans les DPI (Dossier Patient Informatisé) des hôpitaux source et cible, sont réconciliées automatiquement par Interhosp à l'aide de paramètres tels que le numéro de registre national du patient, son nom et sa date de naissance. Le taux de réconciliation automatique est de 90%, les 10% restants pouvant être réconciliés de façon manuelle.

Témoignage: échange PACS à PACS entre CHU de Liège et le CHR Citadelle

Démonstration du fonctionnement d'Interhosp par Mr Dominique Valkenborgh, responsable PACS au CHR de la Citadelle.

Les avantages d’Interhosp

Tout cela se passe de manière transparente pour l'utilisateur final, c'est-à-dire le médecin prescripteur, qui peut alors consulter les images dans le PACS au même titre que celles de tout autre examen qui aurait été réalisé directement au CHR. De plus, l’utilisation d’Interhosp engrange de considérables économies financières et de temps: plus de CD à graver ni à envoyer par la poste. Sans oublier le fait que le trajet de soin du patient s’en trouve amélioré.

Quid pour le futur ?

La collaboration entre le CHR et Osimis n'en est qu'à son début. Installé depuis décembre 2016, Interhosp n'a pas encore atteint son rythme de croisière. Ce seront toutes les images du CHR Verviers, ainsi que le CHC et le groupement Vivalia qui seront bientôt transférables. Toute institution disposant de la solution sera capable d’échanger.

De plus, la solution sera mise à jour pour supporter le standard DICOMweb, permettant ainsi de rendre la solution encore plus efficace grâce à l'utilisation du protocol HTTPS.

équipe CHR Citadelle

De gauche à droite : le Dr. Pepin, M. Degotte et le Dr. Bostem du CHR de la Citadelle, aux côtés de Frédéric Lambrechts et Alain Mazy, respectivement CEO et CTO chez Osimis.

Osimis offre également d’autres solutions telles que la plateforme de diffusion Lify (accès aux images à distance via le web pour les médecins et les patients), l’archivage neutre d’images médicales, ainsi que l’implémentation des standards de transfert et de diffusion pour la plateforme eHealth ou le Réseau Santé Wallon.

Ce qu’en disent les principaux concernés:

  • M. Benoît Degotte, directeur du pôle achats, finance et système d’information au CHR de la Citadelle: « Le projet va participer à la fluidification du transfert d'informations entre les hôpitaux et à une forme de rationalisation de cet échange. Sans oublier une meilleure collaboration entre les institutions de soin en matière d'imagerie mais aussi dans d'autres domaines d'activité tels que l'échange de vidéos ou de bandes son, évolutions technologiques inéluctables dans la pratique de la médecine aujourd'hui. »

CHR-Degotte

Source: http://www.actualcare.be

  • Dr. Pierre Gillet, médecin chef du CHU de Liège : « Ces services sont importants dans le déploiement des nouvelles politiques en réseau entre les hôpitaux et les prestataires de façon intégrée. Cela ouvre beaucoup de perspectives en terme d'interopérabilité entre toutes les modalités techniques de nos institutions. »

CHU-gillet

Source: http://www.chu.ulg.ac.be

  • Dr. Henri Bostem, responsable système d’information médical, soins et pharmacie au CHR de la Citadelle : « Je trouve que la collaboration est très dynamique, intéressante et réactive. Et ce en dépit même de la petite taille [de l'entreprise] qui n'est pas proportionnelle à la qualité de la collaboration et cela est rare. »

CHR-Bostem

Source: https://www.linkedin.com



Article rédigé et propos recueillis par Virginie Chantry, spécialiste contenu freelance pour Osimis.

Osimis team frederic

Frédéric Lambrechts

Une personne pour qui les 24 heures d’une journée sont juste suffisantes en échappant au sommeil. Bouillonnant d’idées, il peut se targuer d’être perpétuellement au fait de ce qui se passe dans sa société avec toujours une étape d’avance. Frédéric travaillait comme consultant bancaire jusqu’à ce qu’une inspiration divine le condamne à une vie de servitude dans le domaine de l’imagerie médicale... cela, juste après la découverte des méandres du monde du codage durant un excellent bootcamp de 2 mois (www.wagon.org).